Actions G.A.E.L, décembre 2020

Compte tenu de la situation sanitaire, c’est seulement courant décembre que nous avons terminé la réalisation des actions 2020 auprès des services hématologie de l’oncopole de Toulouse (actions débutées en février 2020 par la livraison de mobilier et de casques à réalité virtuelle).

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  • Les diffuseurs d’huiles essentielles promis ont enfin pu être livrés.
  • Un devis d’un montant de 2560€ a pu être également établi et signé auprès del’association Turinstreet pour que les casques à réalité virtuelle déjà fournis soient opérationnels pour la prise en charge de la douleur dans les actes invasifs et douloureux comme les ponctions sternales ou lombaires.
  • Des sessions de formation des infirmiers à l’utilisation des casques seront également organisées et financées par l’association G.A.E.L.

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Le Dr Jean-Emmanuel Sarry fait le point, pour G.A.E.L, sur les recherches de l’équipe 18 du CRCT

laboL’équipe 18 (nommée METAML depuis le 1 janvier) du Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse (CRCT) poursuit ses recherches contre la résistance aux thérapies observée dans les leucémies aigües myéloïdes (LAM).

Il y a 3 ans l’équipe menée par le Dr. Jean-Emmanuel Sarry avait démontré la responsabilité des mitochondries, c’est-à-dire les « centrales énergétiques » des cellules, dans le mécanisme de résistance.

Récemment, les chercheurs ont identifié et breveté deux nouvelles cibles (CD39, CALCRL) à la surface de ces cellules résistantes qui en les inhibant les rendent vulnérables aux chimiothérapies. Celles-ci pourraient conduire à de nouvelles stratégies de traitement associant des immunothérapies anti-CD39/CALCRL et chimiothérapie.

En parallèle de la poursuite des travaux de recherche sur ce mécanisme d’adaptation métabolique des cellules résistantes et ces deux cibles, l’équipe a lancé plusieurs axes d’explorations, afin d’améliorer ces connaissances fondamentales et la prise en charge des patients, sur :

  • un nouveau mode de régulation de l’adaptation métabolique.
  • le rôle de l’autophagie et de l’alimentation dans ces mécanismes de résistance (NUTRIAML)
  • le dialogue entre la tumeur et son microenvironnement (DIALAML)
  • et le développement de biomarqueurs de cette adaptation mitochondrial dans la réponse aux thérapies des LAM.

Notons que les recherches de l’équipe du Dr Jean-Emmanuel Sarry ont fait l’objet de diverses publications scientifiques.

Le rôle de ces publications est de transmettre les nouvelles connaissances que les chercheurs ont pu faire dans leur laboratoire à d’autres scientifiques et à un public de spécialistes. Ces articles (résumé très détaillé des études et techniques scientifiques utilisées pour ces découvertes et des conclusions qui en sont tirées) sont soumis à une expertise réalisée par des pairs (anonymes pour garantir l’indépendance de l’analyse) qui vérifient l’ensemble des expériences afin de les évaluer et de les valider.

Cette étape longue et rigoureuse (le comité de lecture demande fréquemment des modifications ou des compléments aux auteurs du travail de recherche, pour préciser ou compléter la qualité de la démonstration scientifique de l’article) est essentielle pour la suite du projet. Elle permet de bâtir de nouvelles hypothèses, conditionne l’attribution de fonds alloués à ces étapes supplémentaires et pourra être le support à la conduite d’essais cliniques.

La rédaction d’un tel document obéit donc à des règles et à des styles bien particuliers que les jeunes chercheurs apprennent principalement lors de la préparation de leur thèse. Ces articles sont des textes spécialisés le plus souvent incompréhensibles pour qui n’est pas du domaine.

« Quand les cellules leucémiques s’évadent pour résister » Trois prix pour Thomas Farge doctorant au Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse (équipe du Dr Jean-Emmanuel Sarry)

Thomas-FARGE-ID-2020-768x1024Thomas Farge, rattaché à l’équipe 18 du CRCT dirigée par le Dr Jean-Emmanuel Sarry, mène actuellement une thèse qui se penche sur un mécanisme de résistance des cellules leucémiques aux traitements par chimiothérapie.

Ce travail de thèse a obtenu le prix Hélène Stark et le second prix Kerner de la Fondation ARC. Thomas Fage a également obtenu le prix coup de coeur des donateurs.

(Le prix Hélène Stark est décerné aux meilleures présentations orales ou posters par un jury scientifique.

Le prix Kerner est attribué aux meilleurs articles de vulgarisation scientifique par un jury de huit journalistes.

Le prix coup de coeur des donateurs est décerné au chercheur qui a su le mieux expliquer et convaincre les donateurs présents de l’intérêt de ses travaux.)

Des récompenses qui valorisent et augmentent la visibilité des recherches de ce doctorant de 33 ans qui achèvera sa thèse en septembre prochain.

«La très grande majorité des patients atteints d’une leucémie myéloïde sont soignés par chimiothérapie, qui est un traitement lourd. Or, lorsque des cellules commencent à résister à la chimiothérapie, les risques de rechute puis d’échec thérapeutique sont importants » explique Thomas Farge. «Au sein de l’équipe, nous avons découvert que les cellules cancéreuses pouvaient aller dans les tissus adipeux afin de s’alimenter en lipides pour nourrir leurs mécanismes de résistance à la chimiothérapie. Or, pour aller de la moelle jusqu’aux tissus adipeux, ces cellules utilisent une protéine qui s’appelle la CD36. L’idée est d’essayer de trouver un moyen de bloquer cette protéine “transporteuse” afin de réduire le risque de chimio-résistance» poursuit-il. Nous avons l’espoir de promouvoir une nouvelle cible thérapeutique mais pour l’instant ce n’est pas applicable directement chez les personnes atteintes. Plusieurs années seront nécessaires» conclut-il.

A l’oncopole de Toulouse, l’équipe RESISTAML du CRCT progresse quant à la résistance thérapeutique dans les leucémies aiguës myéloïdes

Capture d’écran 2020-07-24 à 13.38.36Pr C.Récher Chef du service d’hématologie Dr JE Sarry, chef d’équipe et chercheur, CRCTCapture d’écran 2020-07-24 à 13.37.17

Le Dr Sarry et son équipe travaillent sur des souris à partir des cellules de patients ayant subi des traitements. Ils s’intéressent aux cellules résistantes dans les leucémies aiguës myéloïdes, responsables de récidives chez les patients.
Leurs travaux ont une dimension internationale et voient les horizons lointains qui pourraient aboutir à la production de médicaments.
« Récemment, l’équipe RESISTAML a montré que ces rechutes étaient liées à l’existence de cellules leucémiques dont les mitochondries (qui se trouvent dans toute cellule et en produisent l’énergie) ont une activité énergétique très forte qui les rend capables de résister au traitement. Nous avons également montré que cette activité élevée des mitochondries était la conséquence d’une augmentation des capacités de la cellule leucémique à utiliser les nutriments dans son environnement. Des essais cliniques avec des inhibiteurs des mitochondries sont en cours aux Etats-Unis et en France.

Notre travail de recherche porte maintenant sur une meilleure compréhension du rôle de l’environnement tumoral et des autres organes soutenant le métabolisme de ces cellules résistantes, sur l’impact de la nutrition dans la résistance thérapeutique et sur la caractérisation de marqueurs de surface – les molécules situées à la surface d’une cellule qui permettent d’en définir le type – de ces cellules. Le but est de proposer le développement de nouvelles molécules ciblant spécifiquement certains marqueurs de surface des cellules résistantes. »
(Dr JE Sarry, responsable équipe RESISTAML)

Et dans la continuité de ces projets de recherche, de nouveaux travaux sont menés et notamment sur l’impact de la nutrition dans la résistance thérapeutique. Le projet NUTRIAML est né, il constitue une première pierre vers la prévention dans les leucémies.
« Dans ce contexte pathologique et alors qu’il y a un grand débat publique sur l’impact de l’alimentation (sucres, gras, protéines, anti-oxydants, vitamines…) dans le cancer, peu d’études précliniques ont testé son rôle dans la réponse aux chimiothérapies. » (Dr JE Sarry)
Le Dr JE Sarry soutient avec force ce projet « j’adore cette idée de prévention y compris dans les LAM… et je suis convaincu qu’on en parlera énormément dans cette pathologie d’ici 5 ans. »